La majorité des étudiants concernés par notre étude utilisent Pumpkin dans l’enceinte de SciencesPo, car c’est l’application utilisée par les associations étudiantes qui organisent la vie sociale du campus. Ainsi, avant même d’arriver sur le campus, les futurs étudiants sont invités à télécharger l’application pour obtenir le billet de la traditionnelle semaine d’intégration.
Dès lors, l’application devient le moyen de paiement privilégié de la « sphère SciencesPo« , car tous les étudiants l’ont sur leur téléphone et sont encouragés à l’utiliser dans leurs dépenses quotidiennes. Aujourd’hui, de nombreuses applications de paiement existent, mais c’est par le cercle social et l’influencent exercées par ses pairs qu’elle se développent et atteignent un public plus large. On peut donc voir dans ce cas précis que ce n’est plus tant Pumpkin qui apporte et développe une fonction sociale, mais l’environnement et les liens sociaux pré-existants au sein de la communauté étudiante qui nous incitent à utiliser Pumpkin, faute de concurrent utilisé unanimement par les étudiants. C’est surtout le cas pour les étudiants étrangers, très présents au sein du campus, qui ne connaissent pas forcément les autres applications de paiement mobile françaises comme Lydia ou Lyf Pay (deux plus gros concurrents), et qui utilisent ainsi exclusivement Pumpkin.
Enfin, Pumkin impacte l’espace social de SciencesPo même, comme en témoigne le développement d’un langage particulier centré autour de l’application. Entre étudiants, il est commun d’entendre un « je te Pumpkin! » à la place d’un « je te rembourse », et les échanges sont généralement facilités car on sait qu’on pourra se tourner vers ce moyen de paiement en un clic si une échéance n’est pas respectée.