
La plateforme Pumpkin est originellement dirigée vers un public jeune, que l’on pourrait nommer « Millenials », de par son principe même.
Pumpkin a, pour attirer et capter un public précis, mis en place un business model basé sur les associations étudiantes partout en France, qui a conditionné un développement rapide durant ses premières années de mise en service.
En effet, en visant les campus des universités et Grandes Écoles françaises par le biais des associations étudiantes, Pumpkin a obligé les étudiants à se munir de leur application pour pouvoir continuer de profiter de la vie étudiante. Pour ce faire, la plateforme a mis en place un principe d’ambassadeur étudiant qui a pour but de démarcher les associations étudiantes du plus grand nombre d’écoles en France pour leur proposer des contrats d’exclusivités. Ces derniers fonctionnent de la manière suivante : les associations offrent le monopole sur les paiements dématérialisés, et en échange Pumpkin verse des rétributions à ces mêmes associations suivant le volume de paiements qu’ils produisent sur la plateforme.
À Sciences Po, les associations touchent 500€ par tranche de 30 000€ de flux sur la plateforme.
La réussite de ce business model se base principalement sur les difficultés que rencontrent les associations étudiantes lors des prises de paiements. En effet, l’utilisation de monnaie liquide atteint très vite ses limites lorsque le prix de l’événement dépasse des sommes acceptables pour un plafond de retrait médian. Et pour ce qui est de l’utilisation de la carte bancaire, l’accès et l’utilisation d’un terminal de paiement pour une association étudiante ne sont pas forcément aisées, et bien souvent impossibles. Dès lors, les associations étudiantes sont largement dépendantes de l’utilisation d’une plateforme telle que Pumpkin, qui facilite grandement le processus de prise de paiements.
Par ailleurs, il est important de noter que ce business model commence à atteindre ses limites. En effet, durant les premières années de lancement, Pumpkin ne faisait face à aucun concurrent. A présent, la compétition est rude sur le marché avec notamment l’émergence de Lydia. Par conséquent, le monopole de Pumpkin est largement remis en cause, surtout une fois mis en perspective avec les déficiences grandissantes de la plateforme. Ainsi, ce qui avait rendu possible la croissance de la plateforme est en train de faire défaut à cette dernière, à l’image de la future rupture de contrat des associations de SciencesPo sur le campus de Reims.
Jusqu'à lors, le renouvellement du contrat avait lieu juste après les périodes de campagne des associations étudiante, lorsque les changements d'exécutif se font entre ancien et nouveaux bureaux, rendant compliqué un changement de contrat. Cela était également un élément de la stratégie de Pumpkin pour garder le monopole au sein d'écoles comme SciencesPo.
